Depuis dix ans maintenant, je me rends régulièrement au Népal. Je passe deux ou trois mois par an à Kathmandu. J’ai fini par y rencontrer  beaucoup  de gens, des artisans, des commerçants et leur famille, leurs amis qui m’ont invité pour partager le Dal Bath, le plat traditionnel quotidien.

Je connais bien cette ville que j’ai sillonnée en long, en large et en travers, parcourant ses ruelles étroites, à la découverte d’un coin nouveau, un temple au fond d’une cour intérieure, une simple pierre vénérée par les gens du quartier, au détour d’un passage isolé des touristes.

Les habitants aiment leur ville, c’est un lieu sacré où se mêlent tant d’éthnies avec des pratiques et des fêtes religieuses  différentes, le tout dans une parfaite harmonie. On fête un Dieu, puis un autre, puis les animaux, les frères, les sœurs. Tout est prétexte aux réjouissances.

On dit couramment que les népalais sont « gentils ». Et c’est vrai !  car  ils sont tolérants et respectueux des pratiques religieuses de chacun. Leur curiosité est touchante  Parfois, ils ne nous comprennent pas nécessairement sur nos façons de nous comporter socialement ici en France.

Mais les autorités gouvernementales sont inexistantes, corrompues et affairistes, laissant le pays dans un état d’abandon impressionnant. Les plus riches construisent des maisons de plusieurs étages dans des zones agricoles au sol mouvant, sans réseau d’assainissement ni organisation de ramassage d’ordures. Les plus pauvres habitent dans des habitations vétustes, construites avec des matériaux de seconde catégorie les unes sur les autres, devenant de véritables châteaux de cartes au moindre mouvement sismique. Récemment la terre a bougé en 2011 alors que je me trouvais sur place. Une immense panique s’est emparée de la population qui ne savait plus où se réfugier pour éviter de périr sous les maisons qui s’écroulaient… Fort heureusement, il n’y eu que peu de victimes cette fois-ci. Néanmoins, force fut de constater qu’aucune mesure pour protéger la population civile n’avait été prévue. Depuis, rien n’a été fait malgré les interventions d’experts qui se réunissent régulièrement pour alerter les autorités publiques sur les conséquences d’un nouveau tremblement de terre comme celui qui a eu lieu récemment.

Le pays est à terre, notamment la région de Gorkha où j’ai eu l’occasion à plusieurs reprises de rendre visite aux parents des amis qui m’hébergent. Je les appelle leur « organic family » car ils vivent entièrement de leur production animale et végétale, refusant de rejoindre leurs enfants dans la vallée de Kathmandu où l’air est irrespirable.

Aujourd’hui encore , les habitants de Kathmandu tentent  de quitter la capitale pour retourner dans leur village d’origine dans l’espoir d’y retrouver leur famille et ainsi d’échapper à la famine et aux épidémies. Pas d’eau, pas d’électricité, routes coupées par les éboulements de terrain, l’armée tente d’enrayer les émeutes de gens affamés qui n’ont plus de toit et qui, pour certains ont perdu logement,  parents et amis.

J’imagine très bien la situation, impuissant alors même que je suis sûr de connaitre des amis sur place qui sont dans le besoin, qui attendent pour pouvoir incinérer leurs proches à Pashupatinath.

On annonce 8000 victimes et ce n’est pas fini.

J’ai réussi à avoir des nouvelles  de l’orphelinat Happy Home que je connais depuis sa création en 2006. Bishwa, son directeur accueillait 6 enfants. Maintenant ils sont plus de 80 à bénéficier d’un toit et d’une éducation sérieuse. Je leur rends visite à chaque voyage et je découvre à chaque fois de nouveaux arrivants. Une partie des bâtiments a été détruite mais ils sont sain et sauf. Le samedi, c’est le jour de congés, il n’y avait pas d’école, les enfants jouaient dehors, fort heureusement !

Le calvaire ne fait que de continuer et empirer pour toute cette population que j’aime profondément, ma deuxième famille de cœur.

J’étais Charlie – aujourd’hui, je suis Ramji, Saleish, Babindra, Rabin, et tous les autres dont je n’ai plus de nouvelles dont certains sont venus séjourner à la maison.

J’ai reçu déjà des dons que j’ai aussitôt transférés à l’orphelinat. Mais ce n’est pas suffisant.

Il faut continuer car il y a de nouveaux orphelins qui frappent à la porte et le directeur ne sait pas comment refuser. L’orphelinat manque affreusement de moyens et dépend uniquement de l’aide extérieure. Cette catastrophe est dramatique pour les enfants qui manquent de tout maintenant.

Si vous ne l’avait pas encore fait et si vous voulez vous joindre à nous, à votre mesure, contactez-nous.